Les risques d’une mauvaise intervention

La question qui vient me titiller à chaque préconisation en ergonomie : Est-ce que cet aménagement va vraiment aider l’opérateur et il y a-t-il une chance pour que ça empire la situation ?

Laissez-moi vous illustrer ça avec une anecdote que m’a raconté un fabricant de foreuses.

Pour réaliser des forages avec des forêts fins , le fabricant nous explique que la foreuse ne tourne pas en continu, ce sont des mini séries de rotations, avec des ajustements entre chacune. Ces ajustements sont faits souvent à la main.

Un jour un accident à la main d’un opérateur arrive, entrainant l’arrêt de l’opérateur.
Il est demandé au constructeur de rajouter une grille autour du forêt avec un système qui empêche le redémarrage de la machine tant que la grille n’est pas fermée.

Sauf que le process des opérateurs passe donc de :

-Marche / Arrêt / Ajustement
À
-Marche / Arrêt / Ouverture de la grille / Ajustement / Fermeture de la grille

Que font les opérateurs alors :
Ils se mettent à l’intérieur de la grille, en refermant la porte pour être quasiment collés à un forêt qui pourrait les tuer en quelques secondes, pour shunter le système qui rallonge le temps de leurs opérations par deux.

En voulant rajouter une sécurité, le niveau de danger de la situation a explosé. Une démonstration flagrante du besoin d’intégrer les opérateurs et leurs besoins dans la conception.

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