La compensation n’est pas un état d’équilibre

« Allez il faut tenir encore un peu, l’année est bientôt finie, après ça ira surement mieux »
C’est le genre de phrase que j’entends beaucoup trop en ce moment : la compensation n’est pas un état d’équilibre.

C’est ce qu’il faut souvent se rappeler en entreprise. Lorsqu’on parle de phénomènes de compensation, on imagine souvent que les choses tiennent ainsi, que l’organisation fonctionne malgré tout, et que ça va continuer. Mais cet équilibre forcé ne tient pas tout seul.

Quand une équipe doit fournir un effort supplémentaire pour pallier des lacunes organisationnelles ou des postes non adaptés, ce n’est pas un état d’équilibre : c’est de la compensation. Les salariés ajustent, bricolent, et finissent par s’épuiser. Au début, ça passe. À moyen et long terme, ça casse.
Le pire c’est qu’au long court on entend « on a toujours fait comme ça ».

Ces compensations, ces déséquilibres, créent avec le temps des situations de risques… et ces risques font apparaitre des troubles au long cours (musculo-squelettique, psycho-sociaux, ou autre)

L’équilibre, c’est anticiper, analyser, et ajuster les organisations pour qu’elles soutiennent efficacement l’activité réelle. C’est prendre le temps de comprendre les contraintes, d’impliquer les acteurs concernés, de mettre en place des solutions pérennes, des astreintes suffisantes pour ces contraintes.
Bref, c’est investir dans une stabilité réelle plutôt que de se contenter d’un fragile système de compensation en croisant les doigts pour que ça tienne encore un peu.

(Le corps et la tête ne font pas un reset le 1er janvier la magie de Noël aussi a ses limites)

Dans cet autre article, je parle du travail invisibilisé.

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